Selles.                                     389
aussi des représentations en ville ; pour l'avoir, il suffisait de le prévenir la veille. En 1777, ce saltimbanque dirigeait encore une troupe de marionnettes qu'il appelait Porenquins ou Fantoccini français.
(Archives des Comm., n°» 853, 1508. — Almanach forain, -77S. — Magnin, Histoire des marionnettes, 177.)
Voy. Nicolet (François-Paul). Ribié.
S ELLES'(Christophe), dit Colbiche, acteur forain et entre­preneur de spectacles, reçut les leçons de Moritz von der Beek et devint sous sa direction un très-habile sauteur. En 1701 il forma une troupe et ouvrit, à la foire Saint-Laurent, un spectacle qu'il continua régulièrement pendant quelques années, tantôt seul, tantôt en société avec Alexandre Bertrand. Lors des procès que la jalousie de la Comédie-Française suscita aux comédiens forains, Selles fut comme les autres impliqué dans les poursuites, et en 1706 il fut l'un des plus persécutés. Il lutta alors avec une grande énergie et employa hardiment tous les moyens que la pro­cédure d'alors mettait entre ses mains. Il se servit surtout du con­flit de juridiction qu'il fit naître entre le Parlement et le grand Conseil et fut un moment sur le point de triompher. Mais finale­ment les comédiens français l'emportèrent, et le pauvre Selles, fatigué, dégoûté et vraisemblablement ruiné, quitta Paris pour tout à fait aux fêtes de Pâques de l'année 1710.
(Mémoires sur les Spectacles de la Foire, I, 24. DU' tionnaire des Théâtres, V, 104.)
I
L'an 1707, le mardi 15- jour de février, deux heures de.rélevée, en l'hôtel de nous Charles Bizoton, etc., font comparus Pierre-Louis Villot-Dufey et Paul Poiffon, comédiens du Roi, tant pour eux que pour leurs affociés en la Comédie : Lefquels notis ont fait plainte et dit que, au préjudice du privilège à eux accordé par Sa Majefté pour la repréfentation de la comédie, exclufif à toutes autres perfonnes, et de la fentence rendue le 5 mars 1706 entre eux,